Volkswagen Beetle TDI: Comme les M&M...
lundi, 10 décembre 2012
La Beetle, c'est un peu comme les M&M: qu'importe l'enrobage qu'on lui octroie, ça reste une Volkswagen. C'est-à-dire une voiture plus intéressante à conduire que la moyenne. Et avec ce nouveau moteur diesel sous le capot, il est maintenant tout aussi intéressant de la faire passer à la pompe. Mais... est-ce que ces Messieurs en voudront?
Interieur
(12/20)
Technologie
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Mécanique
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Comportement
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Conclusion
(13/20)

Fiche technique

MarqueVolkswagen
ModelBeetle TDI
Année2013
Moteur4 CYL. (2,0L) Turbodiesel
TransmissionManuelle 6 vitesses, Automatique 6 rapports

Dedans comme dehors

La "voiture du peuple" vient d'hériter d'un moteur turbo diesel. C'est une nouveauté, mais pas une première: la génération précédente (1998-2006) a eu le sien, soit un 1,9L qui dégageait tout juste 100 chevaux, mais quand même 177 lb-pi de couple.

Pour la 3e génération de la Coccinelle (on dit 3e génération, parce que l'on tient compte de la toute première qui a sévi pendant près de 75 ans), c'est un TDI de 2,0 litres qui s'amène sous le capot, pour 140 chevaux et un très vigoureux 236 lb-pi.

Ceux qui ont déjà conduit des voitures diesel le savent bien: les démarrages ne sont peut-être pas les plus canons qui soient. D'ailleurs, au Festival du Test mené il y a quelques semaines par l'Association des journalistes d'automobiles du Canada (AJAC), la Beetle TDI a mis 9,3 secondes pour exécuter le 0-100km/h.

Mais reste que sa puissance est substantielle, gutturale, comme venue des profondeurs de la motorisation. Nous l'aimons beaucoup, ce turbodiesel. À peine, lors des démarrages par petit matin frisquet, l'oreille discerne quelques réminiscences des claquements rappelant qu'on a affaire à un organe sans bougie d'allumage, mais rien pour dénaturer l'expérience.

Plus de "new"

Vous avez remarqué quelque chose? Avez-vous noté que l'on a fait disparaître le "New" de la désignation Beetle? Et pour cause: on ne peut pas toujours être "nouveau". C'est dire que cette autre génération de Choupette, débarquée chez les concessionnaires l'an dernier, ne pouvait plus prétendre au titre.

Autre chose à laquelle la Beetle ne voulait plus prétendre: être une voiture qui plaît tellement aux femmes... que pas un homme (ou si peu) ne voulait être vu à son bord. D'où ces formes qui ont perdu de leurs rondeurs: les designers ont définitivement fait table rase sur la symétrie des trois demi-cercles composant l'avant, l'arrière et le dôme de toit. Même le vase, destiné à recueillir la traditionnelle fleur à la console, n'est plus. Qui va s'en plaindre...

De fait, même si elle continue de rappeler la Beetle d'antan, la nouvelle allure est plus contemporaine. Mais est-ce que la silhouette plus longue et plus large qu'à la génération précédente, plus écrasée à l'arrière et aux passages de roue plus musclés, se veut suffisamment masculine pour ces messieurs?

Nous en doutons: le mal, côté virilité, est sans doute fait pour toujours. Ce à quoi Volkswagen rétorque que si à peine un tiers des acheteurs de la dernière génération étaient des hommes, cette proportion s'est presque équilibrée, avec la nouvelle génération, entre les hommes et les femmes.

Ah bon.

C'est du chocolat, au milieu

Bon, les M&M, maintenant, pour dire que: qu'importe l'enrobage, c'est quand même du chocolat qu'on goûte au milieu. Certes, si vous souhaitez un "pocket rocket" qui déménage du côté de chez Volkswagen, vous feriez mieux de vous tourner vers la Volks GTi ou encore la nouvelle Golf R.

Mais versus la concurrence, que l'on peut désigner comme étant principalement la Hyundai Veloster et la Fiat 500, la Beetle tient son bout de chemin. D'une part, sa conduite est pas mal plus intéressante que la première, notamment grâce à une direction mieux connectée.

D'autre part, son habitacle est mieux fignolé que la seconde, tant du côté insonorisation que de l'assemblage et de la qualité des matériaux. On lui accorde même, en option, la belle boîte automatique DSG, dont le double embrayage assure le passage presque instantané des six rapports (une boîte manuelle six vitesses est offerte de série).

Si la Beetle ne fait pas vraiment le poids, côté comportement, devant l'autre concurrente (de taille) qu'est la MINI Cooper, elle demeure néanmoins de tenue solide et très germanique (bien qu'elle soit assemblée à Puebla, au Mexique).

Elle aurait évidemment gagné davantage de terrain si on lui avait accordé la suspension arrière à multibras qui équipe sa version turbo à essence (et les MINI, soit dit en passant), mais même si la poutre de torsion que l'on retrouve ici n'est pas aussi souple, la balade est néanmoins bien domestiquée, peu ou prou bondissante.

À la pompe

On est là à tenter de faire des miracles avec des voitures hybrides alourdies d'une double motorisation et de batteries, quand le bon vieux moteur diesel fait le boulot. Certes, les hybrides constituent une bonne alternative en ville, mais sur l'autoroute, ce sont les motorisations diesel qui sont les rois et maîtres.

Ainsi, avec notre Beetle TDI dotée de la boîte automatique, nous avons réussi un très frugal 5,2L/100km sur l'Autoroute des Laurentides et ce, à bonne vitesse de croisière.

Oui, le diesel à la pompe est, par les temps qui courent, 10% plus coûteux que le litre d'essence régulière. Mais il permet d'aller plus loin - jusqu'à 40% plus loin. C'est dire qu'avec le réservoir de 55 litres de notre Beetle TDI, le fait de ne rouler que sur l'autoroute nous aurait permis de parcourir un millier de kilomètres avant la panne sèche.

De quoi accrocher un beau sourire aux lèvres de celles (pardon, de ceux...) qui font beaucoup de grand-route et qui ne veulent pas y laisser leur fortune.

Plus grand dedans

Dans la Beetle, l'espace habitable a cru au même rythme que les dimensions extérieures. Et comme on parle de 8cm de plus en largeur et de 20cm de plus en longueur, eh bien ça paraît.

Pas tant aux genoux arrière, où le dégagement se fait moindre que la moyenne; à 797mm, c'est même serré. Mais le cargo est passé de 340 à 436 litres - et il double lorsqu'on rabat la banquette en configuration 50/50. Autrement dit, on peut transporter un bon lot de marchandise - à condition qu'il ne soit pas trop en hauteur. Sinon, croyez-nous sur parole, le hayon vitré ne voudra pas coopérer.

Un dernier point: la Beetle, à l'instar de la Fiat et de la plupart des MINI, n'a que deux portières et quatre places à bord. À l'instar des deux autres, elle accepte également de s'offrir en variante décapotable.

Cette dernière doit conduire ses pneumatiques chez les concessionnaires Volkswagen en début d'année prochaine. Mais elle ne le fera qu'avec le moteur de base (2,5L pour 170 chevaux) et il faudra attendre 2014 pour la motorisation turbo à essence.

C'est dire qu'à date, le Canada ne prévoit pas, contrairement aux États-Unis, recevoir la Beetle décapotable TDI.

C'est bien dommage.

 

FICHE TECHNIQUE

Volkswagen Beetle TDI 2013

Compacte, deux portes, quatre places

Moteur (essayé): quatre cylindres 2,0L turbodiesel

Performances: 140 chevaux, 236 lb-pi

Boîtes: manuelle six vitesses, automatique DSG six rapports

Consommation (ville / autoroute):

Man: 7,2L / 4,8L aux 100km

Auto: 7,0L / 5,0L aux 100km

Direction: à assistance électrique

Suspension: poutre de torsion

Freins: disques aux quatre roues

Cargo: 436 litres (banquette relevée)

Concurrence: Fiat 500, Hyundai Veloster, MINI Cooper

Fabrication: Puebla, Mexique

Prix: à partir de 24 175$

 

POUR

Frugale consommation sur l'autoroute

Comportement germanique

Plus d'espace habitable (versus la génération précédente)

Dimensions accrues qui profitent au cargo

 

CONTRE

Allure... plus ou moins masculine

Poutre de torsion pour la suspension arrière

Peu de dégagement aux genoux arrière

Que deux portières, que deux places

Copyright © 2015 Nadine Filion. Tous droits réservés.