Genève: orgie mécanique et courant électrique

Nouvelles
mardi, 9 mars 2010
Genève, Suisse – Avec près de 150 premières mondiales, européennes ou suisses, le 80e salon de l’Auto de Genève a définitivement marqué le pas. Décidée à entamer la nouvelle décennie avec optimiste, l’industrie automobile a montré de quel bois elle se chauffait – ou plutôt de quel courant elle entendait se propulser dans un proche avenir.

Voici les modèles et prototypes qui ont attiré nos regards et, par le fait même, la lentille de notre caméra.

Genève, c’est parti: 700 000 visiteurs attendus en 11 jours

Le 80e salon de l’Auto de Genève a ouvert ses portes jeudi dernier dans la capitale mondiale de l’horlogerie. Pendant 11 jours, le centre Palexpo et les 250 exposants qui s’y donnent rendez-vous devraient accueillir quelque 700 000 visiteurs.

Il y a de l’électricité dans l’air

SEAT, la filiale espagnole de Volkswagen, a dévoilé son prototype IBe, un coupé sport 2+2 entièrement électrique et pesant moins de 1000kg. Volkswagen en a profité pour annoncer la commercialisation d’un premier véhicule électrique en 2013. Le constructeur allemand entend devenir le #1 mondial de cet élan vert cinq ans plus tard, avec au moins 3% de ses ventes. On ne demande qu’à le croire…

Écologiquement… correcte

Elle est belle en photo? Sachez que cette Porsche concept 918 Spyder est encore plus belle en chair et en acier. Qui plus est, elle se fait écologiquement correcte, merci à deux moteurs électriques «plug-in» qui joignent son V8 de 500 chevaux. Le 0-100km/h en 3,2 secondes dans cette bête de scène qui accepte néanmoins de ne consommer que 3L/100km en ville? Un jour peut-être, un jour peut-être…

Émotion verte

Vous ne rêvez pas : même Ferrari se met à l’hybridation. Ainsi, la 599 Fiorano se métamorphose en un prototype HY-KERS qui jumelle un moteur électrique à son V12 de quelque 600 chevaux. Au passage, le bolide revêt une teinte qui n’est peut-être pas la plus réussie du catalogue, mais l’important n’est-il pas la réduction de 35% notée en consommation d’essence? Le constructeur italien dit vouloir proposer son premier modèle hybride d’ici 2015.

Bertone Pandion: délire futuriste pour Alfa Romeo

S’il est un prototype qui ne laisse pas indifférent, c’est bien ce Pandion mis au point par Bertone afin de souligner le 100e anniversaire de l’italienne Alfa Romeo. Un vrai délire futuriste! Les portières de presque quatre mètres s’élèvent à la verticale – il faut oublier le stationnement intérieur… – et la poupe est hérissée de lamelles jaillissant à la manière d’une queue de comète. Un style torturé, s’il en est un, mais l’œil ne s’en lasse point.

Deux moteurs, trois places, quatre roues motrices

Dommage que ça soit Fiat et non pas Peugeot qui ait fait l’acquisition de Chrysler. Notre côté de l’Atlantique aurait alors peut-être éventuellement droit à la SR1, dévoilée à Genève en primeur mondiale. Ma-gni-fi-co, disent les Italiens. Fantastique, disent les Français. Éœurant, disent les Québécois… Le roadster a la particularité d’héberger trois occupants – deux devant et le troisième dans l’unique siège arrière central. La dualité hybride monte à bord, de même qu’un système quatre roues motrice. Peugeot entend faire monter la technologie Hybrid4 dans ses modèles de série dès 2011.

N’y pensez même pas…

Le plus grand handicap de Volkswagen Canada? C’est d’avoir pour voisin un géant de pays appelé les États-Unis qui n’aime pas les petites voitures… Sinon on l’aurait, la toute nouvelle et toute petite Polo GTi. Imaginez: 180 chevaux s’extirpent du moteur quatre cylindres (1,4 litre) à injection directe et doublement suralimenté, permettant ainsi un 0-100km/h en moins de sept secondes. On la veut, cette petite bombe, mais jusqu’à nouvel ordre, il faut se contenter de l’admirer en photo.

Volkswagen Amarok: quand l’Allemagne se lance dans la course «pick-up»

Si l’Amarok débarquait en Amérique du Nord (ce qui n’est pas le cas), elle serait la seule camionnette de catégorie intermédiaire à s’offrir en motorisation diesel. Le net avantage de ce moteur quatre cylindres 2,0 litres TDI turbo à injection directe? Sa frugale consommation en carburant: 7,6L/100km en combiné (version deux roues motrices). Avouez qu’il est plutôt rare qu’un constructeur allemand se lance dans la course toute américaine des «pick-up»… Mais ne rêvez pas à ce que l’Amarok pose ses pneumatiques par chez nous; il est plutôt destiné à l’Amérique du Sud (cet été), puis à l’Afrique et à l’Europe.

Forces latérales de 1,6g…

Il y a de ces chiffres qui parlent d’eux-mêmes: l’Agera de Koenigsegg, du constructeur suédois qui a tenté d’acquérir Saab, produit rien de moins que 910 chevaux. Impressionnant? Attendez, ce n’est pas tout! Sous la poussée du V8 (4,7 litres) bi-turbo, le 0-100km/h s’effectue en 3,9 secondes et… le 0-200 km/h en 8,9 secondes. Ça déménage, vous dites? Et comment: le bolide promet des forces latérales de 1,6g…

À peine l’empreinte d’une motocyclette

Même si elle ne fait que 2,50 mètres de long et à peine 86 centimètres de large, la Smera du constructeur français Lumeneo peut héberger deux occupants assis l’un derrière l’autre. Avec son petit moteur électrique de 40 chevaux, l’espèce de cocon qui ne pèse que 450kg accepte de rouler 150 kilomètres entre chaque recharge. Il accepte même de s’incliner en virage («de carver», comme disent les Français) sur ses petites roues de 14 pouces. Vous riez? Attention: la petite bibitte qui occupe au sol à peine l’empreinte d’une motocyclette peut quand même rouler un max de 130 km/h.

Une Bugatti à l’éthanol: why not, coconut?

La dernière étude de style de Bugatti, qui souligne les 100 ans de la prestigieuse marque aujourd’hui détenue par Volkswagen, porte le nom d’une version quatre portes de la Type 57 produite dans les années 30. Et pour ceux que ça intéresse, Galibier, c’est aussi le nom d’un des cols les plus ardus du Tour de France… Avec cette presque limousine, Bugatti revisite l’idée d’allier noblesse et performance, avec bien sûr le fameux moteur W16 (8,0 litres) à double suralimentation de 1000 chevaux, emprunté à la Veyron. Oh, on a oublié de vous dire: la 16C Galibier accepterait, si elle voyait la production (fort limitée, bien sûr), de s’alimenter en éthanol. Quand même, il faut bien être de son siècle, non?

La Renault Wind se déshabille au quart de tour

Toute petite, cette deux places Wind présentée en primeur mondiale par Renault, à Genève, parle de revenir à la base: le plaisir de conduire. Elle se distingue par sa «découvrabilité inventive» (sic) qui, dans notre jargon, signifie que le toit se décapote en moins de 12 secondes. Vrai que c’est du rapide. Et c’est joli, en plus.

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