Comparos
lundi, 22 avril 2013
Les gens vous diront que l'une est une hybride rechargeable (la Toyota Prius PHV), que l'autre est à autonomie prolongée (Chevrolet Volt). Et, donc, que leur technologie "électrique" est différente. Peut-être, mais dans la vraie vie, quossé ça donne? En ville et à vitesse d'autoroute? La réponse la plus simple est: ça dépend.
0001-Prius-Volt.jpeg
0001-Prius-Volt.jpeg

Vous cherchez la phrase qui résume tout, genre: la Chevrolet Volt est plus économique - ou pas - en carburant que la Toyota Prius PHV?

Désolée, vous ne lirez pas une telle conclusion dans les paragraphes qui suivent. Car selon que l'on roule en Chevrolet Volt ou dans sa principale concurrente, la Toyota Prius PHV, en ville ou sur l'autoroute, lors d'un court ou d'un plus long trajet, l'avantage ne revient pas toujours à la même voiture.

Du quitte au double
Les deux "hybrides" ne sont pas des jumelles de technologie, bien au contraire.  La différence majeure? La Chevrolet Volt peut rouler exclusivement sur sa propulsion électrique, sans une goutte d'essence, sur jusqu'à 64km (selon le style de conduite, la vitesse et la température).

La Toyota Prius PHV? À peine une vingtaine de kilomètres d'autonomie électrique. Et même pendant ce court trajet, elle trouve le tour de consommer un peu de carburant.

Des pommes avec des oranges...
Mais cet avantage pour la Chevrolet Volt a un prix: 42 000$ en variante de base, contre 35 700$ pour la Toyota Prius PHV.

Vous voulez votre Volt avec les sièges chauffants, la caméra de recul et le système de navigation? Ces équipements sont optionnels - ils sont pourtant de série sur la - moins coûteuse - Prius PHV.

Et les éco-rabais, là-dedans? Vous avez raison de demander: la Chevrolet Volt reçoit 7865$ et la Toyota Prius PHV, 4607$. À ce sujet, lisez notre reportage Démystifiez les éco-rabais.

Au final, les prix d'étiquette sont à 36 035$ pour la Chevrolet Volt et à 32 713$ pour la Toyota Prius (frais de transport compris), une différence de 3322$ - plus les taxes.

Êtes-vous patient?
Avec les voitures branchées, il faut l'être. Sur du 120 volts, la Toyota Prius PHV demande quatre heures de charge et la Chevrolet Volt... jusqu'à 14 heures (!).

Sur du 240 volts, la recharge est de trois à quatre fois moins longue, mais il faut alors tenir compte du coût de la nécessaire borne à domicile (plusieurs centaines de dollars) et de son installation.

Et parole de journaliste qui passe sa semaine à brancher et débrancher (et s'assurer que l'installation soit à l'abri des intempéries, voire des malfaisants tentés de "tirer sur la plogue"), sachez qu'il est moins emmerdant de passer à la station-service une fois de temps en temps...

Qui plus est, ce n'est pas gratuit, le kilowatt d'énergie: 7,78 cents au Québec, c'est certes peu cher. Reste que lorsque notre Toyota Prius PHV nous fait épargner trois litres de carburant (4$), elle consomme quand même 9 kWh (0,70$).

Scénario 1: en ville
Mais revenons à notre comparo "Volt / Prius", donc à des forces "rechargeables" qui ne sont pas égales, et voyons ce que ça donne d'abord en ville, là où les hybrides sont à leur meilleur.

Sur un trajet de 85km, pendant lequel la Volt a mis deux fois plus de distance à épuiser son énergie électrique (soit 53km), la consommation moyenne s'est établie à:
- 3,1L/100km pour la Chevrolet Volt, soit 3,82$* d'essence - du Super, notez bien;
- 4,1L/100km pour la Toyota Prius PHV, soit 4,70$ d'essence régulière.
(Pour nos calculs : 1,35$ le litre d'essence régulière et 1,45$ le litre d'essence super).

La différence, en argent sonnant, entre la Volt et la Prius pour ce trajet de 85km? Moins d'un dollar.

Donc, strictement sur le plan de la consommation, la Chevrolet Volt l'emporte.

Mais une fois les deux batteries déchargées, l'Américaine siphonne en ville du 7,1L/100km, contre... un très frugal 4,8L/100km pour la Prius. C'est dire que les plus courts trajets donnent l'avantage à la Chevrolet Volt, mais passée la centaine de kilomètres en ville, c'est la Toyota Prius PHV qui l'emporte.

Scénario 2: sur l'autoroute
Sur l'autoroute aussi, la Chevrolet Volt a mis deux fois plus de temps que la Toyota Prius PHV pour venir à bout de son autonomie électrique: 40 kilomètres, pour une bien heureuse consommation en carburant de... zéro litre/100km, alors que la Japonaise indiquait déjà une consommation moyenne de 3,8 L/100km.

C'est dire que la Chevrolet Volt n'avait encore rien coûté en carburant, mais que la Toyota Prius PHV avait siroté 2$ d'essence.

Scénario 3: Point de bascule
Mais... la Chevrolet Volt est pas mal plus lourde que sa concurrente nippone (280 kilos de plus, c'est du kilo, mes amis).

Qui plus est, son aérodynamisme de 0,28cx n'accote pas celui de la Prius (à 0,25cx, c'est l'un des plus bas de toute l'industrie).

Certes, le moteur de l'Américaine est de plus petite cylindrée (1,4 litre contre 1,8 litre pour la Prius) mais sa puissance est quand même un brin plus élevée: 149 chevaux contre 134 chevaux.

Conséquence: une fois sa batterie épuisée, sur l'autoroute comme en ville, la Volt consomme substantiellement plus que la Prius (6,2L contre 4,8L). Ce qui signifie que plus la distance augmente, plus la Japonaise gagne l'avantage.

Le point de bascule, lors de notre essai, s'est établi à 160km: les deux hybrides, conduites dans les mêmes conditions, aux mêmes températures (près du point de congélation), sur les mêmes routes et à aux mêmes vitesses, ont alors indiqué, nez à nez, une moyenne de 4,5L/100km.

Passée cette marque, la Toyota Prius PHV a lentement, mais sûrement pris le dessus, pour clore un parcours de 200km à 4,4L/100km, une légère avance sur les 4,7L/100km de la Chevrolet Volt.

Sauf que... le diesel est maître
Sauf que le conducteur qui roule beaucoup au quotidien le fait généralement sur l'autoroute. Et sur l'autoroute, eh bien... le diesel se montre presque aussi avantageux que les hybrides.

Il faut vous dire que lors de nos essais, nous étions "suivis" par une Audi A3 TDI. Sans propulsion électrique aucune, mais bonifiée du plaisir de conduite réputé aux voitures allemandes, l'A3 a parcouru 200km d'autoroute en ne consommant que 5,1/100km. Plus les vitesses autoroutières augmentaient et plus la consommation de la voiture diesel se rapprochait de celle des hybrides (une bonne nouvelle pour les pieds pesants...).

Certes, en ville, c'est quand même du 7,3L/100km qu'exigeait le quatre cylindres (2,0 litres) turbodiesel. Mais notez que c'est là une consommation similaire à la Volt, une fois la batterie de l'hybride expirée.

Pas de Fusion...
Il faut aussi vous dire que nous étions accompagnés d'une Ford Fusion, dotée de son Ecoboost de 2,0 litres. Certes, la berline intermédiaire est plus grande - et plus puissante (237 chevaux) que les deux compactes hybrides à hayon.

Mais - et attachez bien votre tuque: sur l'autoroute, la Ford Fusion nous a livré un très gourmand 9,0L/100km - deux fois plus que les hybrides.

Ce fut pire en ville: du 13,6L/100km, jusqu'à quatre fois et demie plus que nos hybrides - et presque deux fois plus que l'A3 TDI.

Ouch.

Économie de carburant ou... économie tout court?
Ceci dit, il faut se demander ce qui compte vraiment: l'économie en carburant ou... l'économie tout court?

C'est bien beau, sauver à la pompe en roulant hybride, mais reste qu'à l'acquisition automobile, il faut débourser plusieurs milliers de dollars de plus que pour des véhicules non électrifiés.

Rappelons, juste comme ça, qu'une Chevrolet Cruze Eco (du 5,7L/100km sur l'autoroute 401 entre Montréal et Toronto) coûte, à l'achat, au minimum 13 300$ de moins qu'une Chevrolet Volt (éco-rabais compris).

Faites vos calculs. Les nôtres stipulent que celui qui roule 200km sur l'autoroute à tous les jours que le Bon Dieu amène... devra le faire pendant 297 ans (!) avant de justifier l'investissement supplémentaire.

La Chevrolet Volt... ou l'Audi A3?
Tout ça pour dire qu'il n'y a pas de conclusion simple qui couronne la Chevrolet Volt sur la Toyota Prius PHV - ou vice-versa. Tout dépend de l'utilisation qu'on en fait.

Mais... notre coup de coeur va indéniablement à la Chevrolet Volt. D'abord, sa conduite est moins poussive et mieux connectée que pour la Toyota Prius, qui n'a aucune âme routière tant dans ses pédales, sa suspension que sa direction. Aussi, l'insonorisation et les matériaux intérieurs de la Chevrolet Volt sont de bien meilleure qualité.

De même, la Chevrolet Volt est beaucoup plus jolie à regarder que la Toyota Prius PHV, tant en dehors qu'en dedans (avouez...). Certes, le dégagement et le cargo sont moins généreux (et d'ailleurs, la Volt n'a pas l'avantage d'une 5e place comme pour la Prius), mais tout, dans l'Américaine, fait nettement plus haut de gamme

Les essayeurs qui nous ont secondés dans nos tests ont, eux aussi, préféré - et de beaucoup - la Chevrolet Volt. Mais si on leur avait donné le choix d'une voiture à rapporter à la maison plutôt qu'une autre...

Eh bien, c'est avec l'Audi A3 qu'ils seraient repartis!

Consommation           Chevrolet Volt / Toyota Prius PHV
                                           Jour 1                   Jour 2
                                   200km d'autoroute    85km en ville

Chevrolet Volt                     3,1L                     4,7L
Toyota Prius PHV               4,1L                     4,4L
Audi A3                              7,3L                     5,1L
Ford Fusion                      13,6L                    9,0L

Copyright © 2015 Nadine Filion. Tous droits r�serv�s.